Puisatier JEAN PAUL - ARTICLE PRESSE 2019
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         ARTICLE DÉPÊCHE.   ET OUI L'UN DES DERNIERS PUISATIERS EST GERSOIS.

  PUISATIER UN MÉTIER PASSION PÉRILLEUX

 Jean-Paul Gendronneau, installé à Vic-Fezesac, est l'un des derniers puisatiers en France. Il est appelé aux quatre coins du pays pour un métier périlleux à double titre.C'est un métier qui se perd. A sa connaissance, ils ne sont que deux en France. Jean-Paul Gendronneau descend dans les puits pour les nettoyer et les réparer. Il lui arrive d'en construire. C'est dans les années 80, un peu par hasard, qu'il débute. Alpagué par son patron d'alors pour lui filer un coup de main. Mais après un arrêt maladie, il se demande comment retrouver un emploi. Et sa compagne Laurette lui souffle l'idée de s'installer en tant que puisatier.Une «passion» qui l'emmène désormais partout dans l'Hexagone opérer sur des puits qui font jusqu'à presque trente mètres de profondeur. Cette passion lui fait «tirer son chapeau aux anciens qui les ont fabriqués». Pour lui, un puits, c'est «un art, un monument, la première chose que l'on bâtissait autrefois avant de faire sa maison, car l'eau du puits alimentait le chantier.»
Il garde évidemment quelques souvenirs de chantiers mémorables. Comme lorsqu'il est intervenu à plusieurs reprises chez les Spanghero, le joueur de rugby. Ou chez ce dessinateur de Walt Disney, qui lui a fait don de dessins, dans le Gers. Mais d'autres plus noirs aussi. Comme ce puits à Vernantes, «en forme de scie». «Tu me disais que tu étais attiré comme le démon en bas», se rappelle sa compagne. Un démon qui remontait à la période nazie, lorsque ces derniers poussaient les Français dans le puits. Au fond, il pouvait encore en voir les ossements.Il s'agit aussi d'un métier dangereux qui ne l'a pas épargné. D'une part, de par la profondeur dans laquelle lui et son employé, Jean-Claude, s'engouffrent. Jean-Paul a déjà fait une chute de douze mètres… «Mais il s'en est remis, avec du courage et de la force, témoigne Laurette. Et surtout, la passion du métier !»Et puis, il y a les gaz qui se créent au fond du puits. «On fait toujours descendre une bougie en premier, explique Jean-Claude. Si elle s'éteint, on utilise le compresseur pour envoyer de l'air et on fait de nouveau descendre la bougie pour s'assurer qu'il n'y a plus de gaz.» Une pratique avisée dont ne sont pas toujours au courant ceux qui se veulent puisatiers d'un jour.Jean-Paul se souvient d'un terrible accident à l'Isle-Jourdain qui avait ainsi coûté la vie d'un père de famille, de son fils descendu le chercher et d'un pompier des secours arrivé le premier sur les lieux.Jean-Paul Gendronneau, Le Petit Carlat, Vic-Fezensac.Tél. 05 62 64 04 08
  laurette.despiaucouret@neuf.fr
http ://www.puisatiermidi-pyrenees.com/
La dépêche du Midi : Publié le 16/07/2019 à 3h49, mis à jour 8h43